APA ou PCH : quelle aide finance votre aide à domicile ?
APA ou PCH : quelle aide finance votre aide à domicile ?
Une seule question sépare l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) de la prestation de compensation du handicap (PCH) : à quel âge la perte d’autonomie est-elle survenue ? Avant 60 ans, c’est la PCH. À 60 ans et plus, c’est l’APA. Les deux aides ne se perçoivent pas en même temps, elles ne financent pas tout à fait les mêmes choses, et le crédit d’impôt vient s’ajouter à l’une comme à l’autre. Voici de quoi trancher sans y passer une semaine.
La différence entre l’APA et la PCH tient à une date
Les deux aides poursuivent le même but, financer le maintien à domicile d’une personne qui ne peut plus tout faire seule, mais elles ne s’adressent pas au même public. L’APA est réservée aux personnes de 60 ans et plus dont l’autonomie s’est dégradée. La PCH couvre les personnes handicapées dont les difficultés sont apparues avant 60 ans.
Le point qui déroute les familles est le suivant : la PCH reste ouverte après 60 ans, à condition que les critères de handicap aient été remplis avant cet âge, ou que la personne poursuive une activité professionnelle. Autrement dit, ce n’est pas votre âge aujourd’hui qui décide, c’est l’âge auquel la situation s’est installée. Une personne de 72 ans dont le handicap remonte à ses 40 ans relève toujours de la PCH.
Ces deux aides ne se cumulent pas. Une personne qui perçoit déjà une prestation liée au handicap peut déposer un dossier d’APA, puis choisir entre les deux. Il n’est donc pas question de cumuler l’APA et la PCH, mais de retenir celle qui correspond à la situation et couvre le mieux le besoin réel.
Qui est éligible à l’APA, qui l’est à la PCH
L’attribution de l’APA suppose trois conditions cumulatives : avoir 60 ans au moins, résider en France de façon stable et régulière, et être classé en groupe iso-ressources (GIR) 1 à 4 après une évaluation menée au domicile. Les personnes classées en GIR 5 ou GIR 6, dont l’autonomie reste largement préservée, ne sont pas éligibles. Aucune condition de ressources ne ferme l’accès au droit : les revenus déterminent seulement la part qui reste à votre charge.
La PCH répond à une logique différente, fondée sur la gêne fonctionnelle et non sur un groupe iso-ressources. Il faut présenter une difficulté absolue pour réaliser une activité importante, ou une difficulté grave pour au moins deux activités, ces difficultés étant définitives ou d’une durée prévisible d’au moins un an. Entre 20 et 60 ans, l’accès est direct ; avant 20 ans, il suppose de percevoir l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) avec complément.
Là non plus, les ressources ne conditionnent pas l’ouverture du droit. Elles fixent le taux de prise en charge, comme nous le verrons plus loin. Une situation de handicap survenue tôt continue donc d’être traitée comme telle, même quand la personne a depuis longtemps dépassé l’âge de la retraite.
APA ou MDPH : ce que recouvre vraiment la question
La question revient souvent formulée ainsi, et elle compare deux choses de nature différente. L’APA est une aide financière ; la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) est un guichet. On ne choisit pas entre l’APA et la MDPH, on passe par l’une ou l’autre porte selon l’aide visée.
Concrètement, la demande d’APA se dépose auprès du conseil départemental, qui décide de l’attribution après le passage d’une équipe médico-sociale au domicile. La demande de PCH passe par la MDPH, et c’est la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) qui statue. Deux dossiers, deux instructions, deux calendriers.
Ce que chaque aide finance réellement
L’APA finance un plan d’aide construit sur mesure après l’évaluation à domicile. On y retrouve les heures d’aide humaine, les aides techniques, l’accueil temporaire, le portage de repas ou encore la téléassistance, selon ce que l’équipe médico-sociale a identifié comme nécessaire. Chez Orvita, cela se traduit par des passages pour l’aide au lever et au coucher, l’aide aux courses et à la préparation des repas ou l’entretien du logement.
La PCH se décompose, elle, en cinq éléments distincts, ce qui la rend plus large sur certains postes.
- l’aide humaine, c’est-à-dire les heures d’intervention à domicile ;
- les aides techniques, matériel et équipements compensant le handicap ;
- l’aménagement du logement ou du véhicule, ainsi que les surcoûts de transport ;
- les charges spécifiques ou exceptionnelles liées au handicap ;
- l’aide animalière.
La différence pratique se joue sur deux postes. La PCH prend en charge l’adaptation du véhicule et les surcoûts de transport, ce que l’APA ne couvre pas. En sens inverse, les travaux d’adaptation du logement d’une personne âgée relèvent le plus souvent d’un autre dispositif, dédié, à instruire séparément.
Combien : plafonds de l’APA et taux de prise en charge de la PCH
Le montant de l’APA dépend du plan d’aide retenu, dans la limite d’un plafond mensuel fixé par groupe iso-ressources : 2 080,33 € en GIR 1, 1 682,30 € en GIR 2, 1 215,99 € en GIR 3 et 811,52 € en GIR 4. Une participation reste ensuite à votre charge selon vos revenus : nulle jusqu’à 933,89 € par mois pour une personne seule, progressive de 0 % à 90 % entre 933,89 € et 3 439,31 €, et de 90 % du plan d’aide accepté au-delà.
La PCH ne fonctionne pas par plafond global mais par taux de prise en charge. Il est de 100 % lorsque les ressources annuelles ne dépassent pas 31 162,62 €, et de 80 % au-delà. Les ressources retenues sont celles du revenu fiscal de référence.
Un point commun mérite d’être connu : depuis le 1er janvier 2026, un tarif plancher national de 25 € par heure s’applique à la valorisation des heures d’aide et d’accompagnement dans les plans financés par l’APA comme par la PCH. Autre point commun, et non des moindres, aucune des deux aides n’est récupérable sur la succession : ni vos héritiers, ni un légataire n’auront à rembourser les sommes versées.
Les limites que personne ne vous annonce
Le premier inconvénient est le délai. Le département dispose de deux mois à compter de la réception d’un dossier complet pour se prononcer sur l’APA. La CDAPH dispose de quatre mois pour la PCH, et son silence au terme de ce délai vaut rejet. Dans les deux cas, le compte à rebours ne démarre qu’à la complétude : une pièce manquante repousse tout d’autant.
Le deuxième est la participation. On lit régulièrement que l’APA couvre l’aide à domicile ; elle en couvre une partie, et cette partie diminue à mesure que les revenus augmentent, jusqu’à ne plus représenter que 10 % du plan d’aide accepté au-delà de 3 439,31 € de revenus mensuels, puisque la participation atteint alors 90 %. Le raisonnement utile n’est donc jamais le montant de l’aide, mais le reste à charge une fois toutes les aides déduites.
Le troisième tient au périmètre. Ni l’APA ni la PCH ne financent le répit dont a besoin l’aidant familial lui-même, alors que c’est souvent lui qui craque en premier. Le soutien aux aidants relève de dispositifs distincts, qu’il vaut mieux activer avant l’épuisement plutôt qu’après.
Le crédit d’impôt s’ajoute à l’une comme à l’autre
Quelle que soit l’aide retenue, le crédit d’impôt services à la personne vient réduire la facture. Il représente 50 % des dépenses supportées dans l’année, dans la limite de 12 000 € de dépenses, soit 6 000 € d’avantage maximal. Ce plafond monte de 1 500 € par membre du foyer de plus de 65 ans, sans dépasser 15 000 €, et atteint 20 000 € en situation d’invalidité.
Deux règles évitent les mauvaises surprises. Le crédit d’impôt bénéficie à tous les foyers fiscalement domiciliés en France, imposables ou non : une personne non imposable perçoit la somme, elle ne la perd pas. En revanche, les aides déjà perçues, APA et PCH comprises, doivent être déduites des dépenses déclarées, sans quoi la même somme serait financée deux fois. La manière de déclarer une aide à domicile aux impôts mérite pour cela quelques minutes d’attention.
Déposer votre demande à Saint-Maur-des-Fossés
À Saint-Maur-des-Fossés comme dans le reste du Val-de-Marne, le dossier d’APA se dépose auprès des services du département, qui organisent ensuite la visite de l’équipe médico-sociale. Le déroulé complet de la procédure d’APA dans le Val-de-Marne, du retrait du formulaire à la notification, est décrit pas à pas sur une page à part. Pour la PCH, l’interlocuteur est la MDPH du département.
Un conseil de méthode, tiré de ce que voient les intervenants sur le terrain : préparez la visite d’évaluation en notant pendant une semaine ce qui pose réellement problème, heure par heure. Un plan d’aide se construit sur des situations concrètes, pas sur une impression générale. L’assistance dans les démarches administratives fait partie des prestations que vous pouvez mobiliser pour monter le dossier.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre l’APA et la PCH ?
L’APA s’adresse aux personnes de 60 ans et plus dont l’autonomie s’est dégradée, la PCH aux personnes dont le handicap est survenu avant 60 ans. C’est l’âge d’apparition de la perte d’autonomie qui tranche, pas l’âge actuel. L’APA repose sur un classement en GIR 1 à 4, la PCH sur une difficulté absolue pour une activité ou une difficulté grave pour au moins deux activités.
L’APA et la PCH sont-elles cumulables ?
Non, les deux aides ne se perçoivent pas en même temps. Une personne qui bénéficie déjà d’une prestation liée au handicap peut déposer un dossier d’APA, puis choisir entre les deux. Le bon réflexe est de comparer ce que chacune couvre dans votre situation avant de trancher, notamment sur les postes transport et aménagement du véhicule, absents de l’APA.
Quelle est la différence entre l’APA et la MDPH ?
La comparaison porte sur deux choses de nature différente. L’APA est une aide financière attribuée par le conseil départemental. La MDPH est le guichet départemental par lequel passe une demande de PCH, la décision revenant à la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées. On ne choisit donc pas entre l’APA et la MDPH.
Quels sont les inconvénients de l’APA ?
Trois principalement. Le délai, le département disposant de deux mois à compter du dossier complet. La participation financière, qui augmente avec les revenus et peut atteindre 90 % du plan d’aide accepté au-delà de 3 439,31 € par mois. Le périmètre enfin, l’APA ne couvrant ni l’adaptation du véhicule, ni les surcoûts de transport, ni le répit de l’aidant.
Faut-il déduire l’APA ou la PCH de sa déclaration de revenus ?
Oui. Les aides perçues pour financer l’emploi d’une aide à domicile doivent être déduites des dépenses déclarées au titre du crédit d’impôt services à la personne. Vous déclarez donc la dépense réellement supportée, aides déduites. Le crédit d’impôt reste de 50 % de ce montant, dans la limite de 12 000 € de dépenses par an, et il est versé même aux foyers non imposables.