15 minutes 2 février 2021

Incontinence : comment bien choisir sa protection urinaire

aide au sport

Le premier réflexe, devant une fuite urinaire répétée, consiste à acheter une protection. Comment choisir sa protection urinaire est pourtant la deuxième question, pas la première. C’est utile, mais insuffisant : le type d’incontinence détermine à la fois le traitement possible et la protection la plus adaptée, et personne ne peut le déterminer à votre place dans un rayon de pharmacie. Ce guide explique comment reconnaître votre situation, ce que chaque type de protection sait faire, et les trois critères qui décident réellement du choix d’une protection : le volume des fuites, la mobilité de la personne, et le moment de la journée.

Fuite urinaire : par quel type d’incontinence êtes-vous concerné ?

L’Assurance Maladie définit l’incontinence urinaire comme un écoulement involontaire, non contrôlable, des urines par l’urètre. On parle indifféremment de perte involontaire d’urine ou de fuites urinaires. Ce trouble est fréquent et augmente avec l’âge : il concerne au moins 2,6 millions de personnes de plus de 65 ans en France, dont environ une femme sur trois après 70 ans, 7 à 8 % des hommes à 65 ans et plus de 28 % des hommes après 90 ans.

L’incontinence urinaire se manifeste sous plusieurs formes, distinguées par leur mécanisme de survenue. La proportion de chacune surprend souvent les familles, qui pensent d’abord à l’effort alors que la forme mixte domine largement.

  • L’incontinence urinaire d’effort : une fuite non précédée d’un besoin d’uriner, déclenchée par la marche, un changement de position, le port d’une charge, mais aussi par la toux, le rire ou un éternuement. Elle représente 40 % des cas.
  • L’incontinence par hyperactivité de la vessie, dite par urgenterie : une fuite précédée d’un besoin urgent et incontrôlable d’uriner, qui survient au repos ou la nuit, en dehors de tout effort. Elle représente 10 % des cas.
  • L’incontinence mixte, qui associe les deux types de symptômes, et représente à elle seule 50 % des cas.

Une quatrième situation ne doit pas être confondue avec les précédentes : la miction par regorgement, dans laquelle la vessie trop pleine se vide au goutte à goutte. Des médicaments qui distendent la vessie en sont fréquemment la cause, ce qui change complètement la conduite à tenir. C’est une des raisons pour lesquelles la protection ne suffit jamais comme réponse unique.

Une protection compense les fuites urinaires, elle ne les soigne pas

C’est le point que les catalogues de protections passent sous silence, et c’est pourtant le plus important. L’Assurance Maladie indique que le traitement de l’incontinence urinaire permet d’améliorer les symptômes, voire de guérir, et que la rééducation périnéo-sphinctérienne ou comportementale constitue le premier traitement proposé en cas de fuites urinaires. Autrement dit, une protection urinaire accompagne une prise en charge contre l’incontinence, elle ne la remplace pas.

Le médecin traitant coordonne cette prise en charge avec les autres professionnels concernés, urologue, gynécologue ou kinésithérapeute selon les cas. Le portail public recommande de le consulter dès l’apparition de fuites urinaires, ou dès leur aggravation. Il faut aussi lui signaler tout traitement en cours : de nombreux médicaments ont un impact sur le fonctionnement de la vessie, et aucun ne doit être modifié ou arrêté sans avis médical.

Une raison supplémentaire de ne pas se contenter d’acheter des protections : le retentissement sur la vie sociale. L’Assurance Maladie décrit une personne qui a tendance à s’isoler et à réduire ses activités sociales par crainte des accidents de fuite, à quoi s’ajoute une fatigue liée aux levers nocturnes, et une difficulté à en parler à son entourage comme à son médecin. Une protection bien choisie contre les fuites urinaires lève une partie de cette crainte, mais l’isolement des seniors installé demande d’autres réponses.

Les différents types de protections urinaires contre les fuites

Il existe plusieurs types de protections urinaires, répartis en trois grandes familles qui ne s’adressent pas aux mêmes situations. Le type de protection retenu conditionne le confort au quotidien autant que l’efficacité contre les fuites. La première regroupe les protections qui se glissent dans un sous-vêtement classique, la deuxième remplace le sous-vêtement, la troisième s’adresse aux personnes qui ne se déplacent plus seules.

  • Les protections à porter dans un sous-vêtement : la protection anatomique, épousant la forme du corps, la protection droite, plus fine, et la protection masculine en forme de coquille, conçue pour l’anatomie de l’homme.
  • Les sous-vêtements absorbants : le slip absorbant et la culotte absorbante s’enfilent comme un sous-vêtement ordinaire et se retirent de la même façon, ce qui préserve l’autonomie tant que la personne s’habille seule.
  • Les changes complets, avec fixations adhésives ou avec ceinture, qui se mettent en position allongée ou assise et offrent une protection maximale en cas de fuites importantes.

Le change complet et la protection anatomique répondent à deux logiques opposées, et c’est la question la plus posée sur le sujet. La protection anatomique est discrète, se porte avec ses propres sous-vêtements, et suppose que la personne puisse la changer elle-même. Les changes complets offrent une couverture bien supérieure et se posent par un tiers, mais ils marquent une étape symbolique que beaucoup de personnes âgées vivent mal. Passer trop tôt au change complet fait plus de mal que de bien.

À ces protections portées sur soi s’ajoute la protection du couchage et du fauteuil, qui relève d’une autre logique. Notre article dédié explique comment bien choisir son alèse selon qu’elle protège un lit, un fauteuil ou les deux, et pourquoi elle ne dispense jamais d’une protection portée.

Fuites légères à modérées ou incontinence sévère : bien choisir et adapter l’absorption

Le degré d’incontinence se mesure avant de choisir une protection, et il se mesure simplement. C’est le seul moyen de choisir une protection adaptée plutôt qu’une protection choisie par excès de prudence. Notez sur deux à trois jours, pas nécessairement consécutifs, le nombre de fuites, leur moment, leur importance approximative, et ce qui les déclenche. Ce relevé vaut mieux qu’une estimation de mémoire, il sert au médecin, et il évite l’erreur la plus courante : choisir une absorption trop élevée par précaution.

En cas d’incontinence légère, les fuites urinaires légères sont peu abondantes et espacées : une protection fine suffit et se porte sous un vêtement ordinaire sans se voir. C’est déjà une protection adaptée, et il est inutile d’en chercher une plus couvrante. L’incontinence modérée, avec des fuites plus fréquentes ou plus abondantes, appelle une protection anatomique ou un sous-vêtement absorbant. L’incontinence sévère, avec des fuites permanentes ou nocturnes importantes, justifie un change complet, en particulier pour la nuit.

Surdimensionner reste une fausse bonne idée. Une protection trop absorbante est plus épaisse, plus visible, plus chaude, et donne à la personne le sentiment d’avoir franchi une étape qu’elle n’a pas franchie. Il vaut mieux adapter le choix de votre protection jour comme de nuit, avec une protection légère en journée et une capacité supérieure la nuit, plutôt que de retenir la protection maximale pour les vingt-quatre heures. C’est ainsi que l’on vit avec les fuites urinaires au quotidien sans y penser en permanence.

Personnes mobiles ou personnes alitées : le critère qui tranche

À degré d’incontinence égal, la mobilité change complètement le choix de la protection. Une personne qui marche, s’habille et va aux toilettes seule doit pouvoir gérer sa protection sans aide : le slip absorbant ou la culotte absorbante sont faits pour elle, parce qu’ils s’enfilent et se retirent debout comme un slip ordinaire. Cette solution est idéale pour les personnes qui sortent encore : elles perdent leur autonomie le jour où on leur impose un système qui suppose l’intervention d’un tiers.

Pour les personnes alitées ou les personnes dépendantes qui ne tiennent plus debout, le raisonnement s’inverse : le change complet à fixations adhésives se pose en position allongée, il est idéal pour les personnes qui ne peuvent plus se lever, et il se change sans transfert. C’est là que la protection la plus appropriée n’est pas la plus discrète. Dans ces situations, le lit lui-même compte autant que la protection : un lit médicalisé, réglable en hauteur, épargne le dos de l’intervenante et rend le change plus sûr pour la personne.

Entre les deux se trouve le cas le plus fréquent : la personne se déplace mais lentement, et n’arrive plus toujours à temps. L’Assurance Maladie recommande alors d’adapter l’environnement plutôt que de renoncer : désencombrer le passage jusqu’aux toilettes, installer des barres d’appui, porter des vêtements faciles à détacher, et se procurer les aides à la marche disponibles, une canne par exemple. Une partie du trajet vers les toilettes se joue avant la fuite : l’accès aux lieux compte ici autant que l’épaisseur de la protection, et l’aide à la mobilité fait partie des réponses à examiner avec le médecin.

Protection urinaire homme ou femme : ce qui change vraiment

La distinction homme ou femme n’a de sens que pour la première famille de protections, celle qui se porte dans un sous-vêtement. La protection masculine en coquille est conçue pour recueillir la fuite là où elle se produit, ce qu’une protection droite fait mal chez l’homme. À l’inverse, les protections anatomiques féminines suivent une morphologie différente et se placent autrement.

Pour les sous-vêtements absorbants et les changes complets, la question ne se pose plus vraiment : ces produits existent en version unisexe et se choisissent d’abord sur la taille et le tour de hanches. Une protection trop grande fuit par les côtés, une protection trop serrée provoque des marques et des irritations : la bonne protection est celle qui tient sans comprimer. Bien choisir votre protection revient donc à mesurer avant d’acheter, pas à se fier à une taille de vêtement.

Les causes diffèrent également selon le sexe, ce qui explique que le parcours médical ne soit pas le même. Chez la femme, les fuites d’effort sont fréquentes après une grossesse, un accouchement difficile ou en cas de prolapsus génital. Chez l’homme, elles apparaissent souvent après une chirurgie de la prostate, pour adénome ou pour cancer. Dans les deux cas, une intervention chirurgicale de l’abdomen ou du petit bassin peut également être en cause.

Préserver la peau : ce qui compte autant que le type de protection

Une protection bien choisie mais changée trop rarement provoque exactement ce qu’elle devait éviter. L’humidité prolongée au contact de la peau entraîne macération et irritations, et la peau des personnes âgées, plus fine, y est particulièrement exposée. Le rythme de change compte donc autant que la capacité d’absorption, et c’est là que l’intervention d’un tiers prend tout son sens.

Trois précautions limitent les irritations au quotidien, et aucune ne coûte quoi que ce soit.

  • Sécher soigneusement en tamponnant, sans frotter, et ne jamais reposer une protection sur une peau humide.
  • Renoncer au talc au niveau des plis, l’Assurance Maladie le déconseillant parce qu’il favorise la macération et les infections.
  • Signaler au médecin traitant toute rougeur persistante, en particulier aux points d’appui, qui peut annoncer un début d’escarre.

Quelques ajustements du mode de vie complètent utilement le dispositif. Le portail public conseille, en cas de surpoids, d’adopter une alimentation équilibrée et de réduire la consommation de café, de thé et d’alcool, et de lutter contre la constipation. Il précise également que des protections spéciales existent en cas de fuites urinaires et invite à demander conseil à son pharmacien, qui reste le mieux placé pour orienter sur une référence précise.

Comment choisir en pratique, et quand l’aide à domicile prend le relais

Choisir la bonne protection résout une partie du problème. L’autre partie tient au geste quotidien : changer une protection plusieurs fois par jour, vérifier l’état de la peau, gérer le linge, et le faire sans que la personne se sente diminuée. Une seule fuite urinaire mal gérée suffit à faire renoncer une personne âgée à une sortie. Ce moment concentre tout ce que l’incontinence a d’intime, et c’est précisément pour cela qu’il est souvent refusé à un conjoint ou à un enfant, et accepté d’une professionnelle.

L’aide à la toilette à domicile intègre ce geste dans une intervention plus large, aux côtés de l’aide au lever et au coucher, deux moments où le change s’organise naturellement. L’intervenante repère aussi ce qu’un proche ne voit pas toujours : une rougeur qui s’installe, une protection systématiquement saturée au même moment de la journée, un vêtement devenu difficile à détacher. Ces observations font gagner du temps au médecin traitant, et permettent d’adapter la protection au fil des mois plutôt qu’une fois pour toutes.

Orvita intervient à Saint-Maur-des-Fossés et dans les communes voisines du Val-de-Marne, avec une permanence téléphonique annoncée 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Le point de départ est une évaluation à domicile, qui regarde la situation réelle plutôt qu’un catalogue : le degré des fuites, la mobilité, l’organisation des nuits, et ce que la personne accepte. C’est de là que sort une solution adaptée à vos besoins, et non une protection incontinence choisie au hasard d’un rayon. Une incontinence fécale associée, ou des fuites qui s’aggravent malgré la prise en charge, imposent en revanche un retour vers le médecin avant toute décision d’équipement.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un change complet et une protection anatomique ?

La protection anatomique se glisse dans un sous-vêtement classique, reste discrète et suppose que la personne puisse la changer elle-même. Le change complet, à fixations adhésives ou à ceinture, se pose en position allongée ou assise par un tiers et offre une protection maximale contre les fuites urinaires. Le premier convient aux personnes mobiles, le second aux personnes alitées ou dépendantes. Passer au change complet trop tôt fait perdre à la personne une autonomie qu’elle avait encore.

Quelle protection choisir pour des fuites urinaires légères ?

Une protection fine, droite ou anatomique, portée dans un sous-vêtement ordinaire : c’est la protection contre les fuites la plus discrète. Les fuites urinaires légères sont peu abondantes et espacées : une absorption trop élevée rend la protection épaisse et visible sans rien apporter. Il vaut mieux garder une protection discrète en journée et réserver la capacité supérieure à la nuit, plutôt que d’adopter la même protection sur vingt-quatre heures.

Quelle protection d’incontinence choisir pour une personne alitée ?

Le change complet à fixations adhésives, qui se pose et se retire en position allongée sans nécessiter de transfert. Il est adapté aux personnes qui ne tiennent plus debout et permet un change complet du linge sans lever la personne. Un lit médicalisé réglable en hauteur facilite nettement l’opération et réduit le risque pour la personne comme pour l’intervenante.

Faut-il consulter un médecin en cas de fuites urinaires ?

Oui, et sans attendre l’aggravation. L’Assurance Maladie indique que le traitement de l’incontinence urinaire permet d’améliorer les symptômes, voire de guérir, et que la rééducation périnéo-sphinctérienne ou comportementale est le premier traitement proposé. Le médecin traitant coordonne la prise en charge avec les autres professionnels de santé. Il faut aussi lui signaler les traitements en cours, car de nombreux médicaments agissent sur le fonctionnement de la vessie.

Comment évaluer le degré d’incontinence avant d’acheter ?

En tenant un calendrier mictionnel sur deux à trois jours, pas nécessairement consécutifs : nombre de fuites, moment de survenue, importance approximative et circonstance déclenchante. Ce relevé distingue une incontinence légère d’une incontinence modérée ou sévère, sert au médecin lors de la consultation, et évite de choisir une absorption trop élevée par précaution. Il permet aussi de repérer si les fuites se concentrent la nuit, ce qui appelle une protection différente de celle de la journée.

Existe-t-il des protections urinaires spécifiques aux hommes ?

Oui, pour les protections qui se portent dans un sous-vêtement. La protection masculine en forme de coquille recueille la fuite là où elle se produit, ce qu’une protection droite fait mal chez l’homme. Pour les sous-vêtements absorbants et les changes complets, la question ne se pose plus : ils existent en version unisexe et se choisissent sur la taille et le tour de hanches.

  • Mettre en place une aide à la toilette
  • Louer un lit médicalisé adapté
Portrait de Mickael Zander
Écrit par
Mickael Zander
Conseiller en aide à domicile - Orvita Saint-Maur-des-Fossés

J’accompagne chaque jour les familles du Val-de-Marne dans la mise en place d’une aide à domicile sereine et bien financée.

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